Le kendo

Le kendo

Pour expliquer cet art martial fascinant, rien de mieux que de citer les maîtres!

Voici un extrait du livre de Claude Hamot, « Découvrir le kendo », véritable référence dans le domaine:

« L’art de combat appelé « kendo », voie : do ; du sabre : ken, se présente sous la forme d’une escrime qui met en présence, face à face, deux pratiquants revêtus de protections qui cherchent mutuellement à porter des frappes, ou à les éviter, au moyen d’un sabre de bambou – shinaï- manié à deux mains.

Discipline martiale à l’origine, le kendo est devenu depuis 1970 un grand sport international de compétition. Il est, comme le JUDO, né au Japon mais n’a pas subi, quant à lui, de transformations sous l’influence occidentale. »

« La discipline du kendo consiste à apprendre, à se perfectionner, à s’entraîner dans tous les registres de l’activité pour pouvoir, en progressant dans l’efficacité, réaliser des assauts de plus en plus riches. »

« Pratiquer le kendo dans le sens d’une discipline c’est d’abord, et pendant longtemps, vaincre l’adversaire qui est en soi-même. C’est pourquoi la pratique du kendo qui ne réclame aucune attitude corps/esprit particulière demande avant tout un courage patient et la volonté persévérante de se surmonter dans la réalisation de petites, mais constants, efforts. »

 

« La finalité du kendo réside dans l’assaut »

 

« […] Comme l’indique la sentence « Joue sur la voie », le fait de pratiquer le kendo doit être vécu comme un jeu intense, joyeux. La pratique est sérieuse, respectable mais l’esprit qui doit animer celui qui s’y adonne est aussi affûté que léger. Se prendre soi-même au sérieux irait à l’encontre de la disponibilité envers les autres dont doit faire preuve le kenshi. Le sommet du plaisir que l’on peut éprouver en kendo est atteint dans l’intensité du combat. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mr C. Hamot nous décrit les bénéfices du kendo sur :

  • La santé : en kendo, l’habitude de courir en manoeuvrant l’arme fournit un volume d’exercice utile pour lutter contre les méfaits de la sédentarité ; elle contribue à acquérir et à conserver la forme, elle donne l’accoutumance à l’effort ;

 

  • Le psychisme : le fait d’être constamment sollicité dans des situations d’opposition et d’en résoudre les problèmes avec une marge d’erreurs qui s’amenuise avec la pratique, le fait de crier, contribuent à réduire les tensions et les inhibitions, chez le pratiquant et l’aident à se dégager progressivement du stress imposé par le rythme de la vie moderne ;

 

  • Le développement des facultés : la prise de conscience de son propre corps dans la réalisation d’actions complexes améliore l’aisance générale et développe l’acuité sensorielle ;

 

  • La socialisation : le fait d’affronter dans les assauts, pendant des années, toutes sortes de partenaires modifie la conception des rapports inter-humains, diminue l’égoïsme et en transformant l’agressivité, conduit au respect de soi-même et des autres, facteur essentiel d’une meilleure harmonie entre les êtres humains.

 

 

Concept du kendo selon la Z.N.K.R

« Le kendo est conçu pour discipliner le caractère de l’homme à travers la mise en œuvre des principes du sabre. Le but de la pratique du kendo est : de former l’esprit et le corps, de cultiver un caractère vigoureux, et, par un entrainement correct et rigoureux, de s’efforcer de progresser dans l’art du kendo ; de tenir en estime la courtoisie et l’honneur, de coopérer avec les autres en toute sincérité, et de toujours poursuivre la culture de soi. Ainsi chacun sera capable d’aimer son pays et sa société, de contribuer au développement culturel, et de promouvoir la paix et la prospérité entre tous les peuples. »

 

Les règles du jeu ( selon Claude Hamot ):

  • Deux adversaires, enfermés chacun dans leur armure, s’affrontent sans intervention extérieure. Ils mettent en jeu, sans restriction, la totalité de leurs moyens dans le champs clos de leur assaut.
  • Le kendo se présente sous la forme d’une escrime sans convention de priorité de « temps », c’est-à-dire que le premier qui frappe l’autre dans les conditions de validité marque un point, que ce soit en attaque, en défense, en contre-attaque ; par anticipation, par enchaînement ou par faute de l’adversaire.
  • Pour qu’une frappe soit reconnue valable et déclarée : « un point », ippon, quatre conditions sont nécessaires : la partie valable, (datotsu bu), du shinaï doit rentrer en contact avec une partie valable, (datotsu bui), des protections de l’adversaire ; dans une action qui unit trois éléments indispensables : la force du sabre (ken), la participation de tout le corps (taï), l’énergie suffisante ( ki), qui s’exprime dans le cri (kiaï). La fusion de ces trois éléments dans un « coup » de kendo est appelée : « ki-ken-taï no ichi». Une action qui réunit les trois conditions précédentes ne deviendra valable en tant « qu’ippon » que lorsque le combattant marquera par son état de vigilance qu’il maîtrise la fin de son action sans crainte, dans une position stable qui dissuade son adversaire de toute contre-attaque. L’état de cet « esprit qui demeure » est appelé « zanshin ».[…]
  • Avant le début et après la fin de l’assaut les adversaires se saluent correctement selon un code de politesse défini. […]
  • Le nombre de coups fondamentaux en kendo est très réduit, en tout, trois frappes et une pique. Pour le profane cette simplicité apparente peut sembler pauvre or, vécu de « l’intérieur », le combat se présente sous l’aspect de problèmes complexes d’espace, de temps, d’opposition à résoudre ; la difficulté du combat augmentant avec l’expérience des kenshi.

 

Pour finir, quelques citations de Claude Pruvost (tirés du numéro 2 du bulletin du Dojo Troyen)

« Le kendo, c’est un peu l’auberge espagnole des arts martiaux : on y trouve ce qu’on veut y trouver. Il vous renvoie ce que vous mettez et vous y demandez. Il ne génère pas en lui-même de bénéfices. C’est une pratique qui suit l’évolution de l’individu. Force et énergie dans la jeunesse, prouesse et performance à l’âge adulte, maîtrise et épanouissement en vieillissant. »

« Le kendo est un art paradoxal. Très conservateur dans ses règles mais très libre dans son exécution. On frappe toujours aux mêmes endroits : la tête (men), la gorge (tsuki), l’avant-bras (kote), les flancs cuirassés (do). Le mouvement s’accompagne toujours d’un cri. Mais pour le reste, tout est permis. On peut feinter, reculer, piéger, réinventer. Quand le combat commence, tout est possible, plus rien n’est vraiment codifié. Pour faire du kendo, il n’est pas nécessaire de connaître l’histoire et la civilisation japonaise. Mais pour le comprendre, c’est indispensable. Cela n’empêche pas que le kendo évolue vers un univers plus technique, plus mécanique, plus physiologique aussi. »

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